Mardi 9 novembre 2010
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Il vaut mieux s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints, dit la sagesse populaire. Dans la tourmente médiatique qui s’est abattue sur la malheureuse Eglise de Belgique, plutôt que que de lire la
presse déchaînée (ou plutôt enchaînée par ses préjugés et sa cathophobie), je vous conseille de lire la lettre de Mgr Léonard répondant à 3 polémiques récentes. Dieu sait que nous n’avons pas
toujours ménagé le primat sur ce blogue, mais, ici, le procès qu’on lui fait est particulièrement inique (et, quand il vient de l’intérieur même de l’Eglise, n’est-ce pas M. l’abbé Ringlet?, je
préfère ne pas le qualifier!…): 1) L’agitation qui a entouré la traduction en néerlandais d’un livre d’entretien dans lequel il était question du Sida: Mgr Léonard avait alors nié que le Sida fût
un châtiment céleste et indiqué qu’on pouvait « tout au plus », « éventuellement », considérer la première propagation de cette maladie comme « une sorte » de « justice immanente ». Donc, une bonne
dose de précaution oratoire qui aurait dû atténuer au moinsla polémique. Même si le concept de « justice immanent » n’était pas compris des lecteurs. Le primat l’explique ainsi dans sa lettre: « Or
le concept de « justice immanente » a précisément pour sens d’exclure toute idée d’une « punition » venant d’en haut ou du dehors. C’est ce que signifie l’adjectif « immanent », qui signifie «
intérieur à la chose même » (du latin manere in = « demeurer au dedans »), sans qu’il faille invoquer une cause extérieure ou « transcendante ». Si donc « justice » il y a, ce n’est, dans cette
expression, absolument pas celle qui résulte d’une « justice » divine ou humaine, mais celle qui découle de la nature même des actes que nous posons. » Ce qui nous éloigne nettement du « châtiment
divin »! 2) Une polémique récemment réactivée prêtant à Mgr Léonard cette phrase: « Leshomosexuels sont des anormaux. » Evidemment, propos inventés. Ce que l’archevêque a dit, comme toute la
Tradition de l’Eglise, c’est que l’homosexualité était un comportement contre nature. Ce qui n’est pas vraiment la même chose! Si les journalistes ne comprennent pas la distinction classique entre
péché et pécheur, ce n’est tout de même la faute de Mgr Léonard! 3) Enfin, il revient sur la polémique déclenchée par ses propos sur la convocation devant la justice de clercs pédophiles déjà âgés.
Il explique, en particulier, le contexte de cette déclaration: « C’est dans ce contexte qu’il me fut demandé ce que je souhaitais prendre comme mesures concernant des prêtres, souvent très âgés,
qui se sont rendus coupables de tels abus. Préalablement, j’avais bien sûr, comme toujours, souligné qu’il est prioritaire que les victimes s’adressent à la justice et/ou aux organismes publics
agréés. Mais que faire si les plaintes ont été classées par la justice parce que les faits étaient prescrits à ses yeux, ou quand les victimes se refusent obstinément à s’adresser à la justice ?
Dois-je, en apprenant les faits, souvent très anciens, imposer aussitôt une punition canonique publique, sans même attendre le jugement de Rome ? » Il s’agissait donc de cas couverts par la
prescription civile… Bref, dans ces trois affaires, la mauvaise foi le dispute à l’incurie des journalistes. Je vous conseille vivement la lecture de l’intégralité de cette lettre. Cela remet les
pendulesà l’heure. Et, pour vous montrer que Mgr Léonard n’a rien perdu de sa combattivité, je vous laisse savourer cette petite phrase: « Je concède que l’expression [de justice immanente] n’est
pas connue de tout le monde. Mais, quand on répond à un journaliste, on répond à une personne, par définition, cultivée, qui travaille du matin au soir et du soir au matin avec les mots et connaît
donc parfaitement leur sens. » NB: je vous rappelle que ce blogue a migré. Retrouvez-le sur www.osservatore-vaticano.org