Marcial Maciel : et en plus c'était un plagiaire…

Publié le par Vini Ganimara


Avec le fondateur des Légionnaires du Christ, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Et de notre dégoût. Un dégoût qui ne s’étend pas, je m’empresse de le dire, à ces centaines de prêtres de la Légion du Christ et à ces milliers de fidèles de Regnum Christi dévoués et sincères. C’est, humainement parlant, un paradoxe – voire un mystère, si le mot n’est pas trop fort – qu’un mauvais arbre donne de bons fruits. Mais, après tout, « le diable porte pierre » comme dit la sagesse populaire.

Je ne reviendrai pas ici sur les turpitudes abominables de Marcial Maciel, mais je vais aborder une information que vient de donner le site d’informations catholiques péruvien Aciprensa. Selon lui, les dirigeants de la Légion du Christ viennent de reconnaître qu’un ouvrage de spiritualité attribué à son fondateur n’est rien d’autre que le pur plagiat d’un auteur espagnol aujourd’hui très peu connu.
Pour les membres de la Légion, El Salterion de mis dias (le psautier de mes jours) était le livre de spiritualité que le P. Marcial Maciel aurait écrit dans cette période particulière appelée la «gran benedicion», la grande bénédiction, c’est-à-dire les années 1956-1959 au cours desquelles Marcial Maciel était l’objet d’une première enquête canonique romaine qui n’aboutit à rien.

La Légion reconnaît aujourd’hui que ce texte très populaire, lu et médité par les membres, était « inspiré » d’un travail de seconde zone de Luis Lucia, un homme politique espagnol. Les spécialistes estiment que Lucia, qui a écrit plusieurs ouvrages de politique et de spiritualité, rédigea un ouvrage intitulé El Salterio de mis horas (le psautier de mes heures) dans les années 1930. Incarcéré sous le régime de Franco, Lucio fut libéré est 1941 et décéda à Valence (Valencia) en 1943. L’ouvrage de Lucia, complètement oublié, fut réédité à Valence en 1956 et c’est sans doute cette édition que le P. Maciel a lue quand il était en Espagne.
Le rapport interne de la Légion qui traite de cet « emprunt » ne va pas jusqu’à le décrire comme une “servile copie” de l’original. Toutefois, un membre espagnol de la Légion a confié à l’agence américaine Catholic News Agency, que le “travail” de Maciel était à 80 % une copie de l’original tant dans le contenu que dans le style.




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