Le cardinal Pell refuserait la charge de Préfet de la Congrégation des Évêques

Publié le par Vini Ganimara

 

La mauvaise nouvelle agite Rome depuis hier. Est-elle fondée ? Elle a, en tout cas, deux effets.

1. La source unique de cette rumeur, reprise par le blogue Messa in latino , est le blogue espagnol de Francisco José Fernández de la Cigoña, qui passe pour fort bien renseigné. Très lu en Curie, l’émotion qu’il soulève actuellement par la nouvelle (conditionnelle) qu’il vient de lancer est pour lui une véritable consécration. En fait, c’est aussi la confirmation de la nouvelle puissance acquise par les blogues à côté et même au-dessus des moyens ordinaires d’information dans les affaires romaines. Qui plus est, ce sont les blogues traditionalistes ou para-traditionalistes, tel celui de la Cigoña, qui disputent la palme aux blogues ratzinguériens (ils sont en réalité très proches d’eux), ceux par exemple d’Andrea Tornielli ou mieux encore du très bien renseigné Paolo Rodari.

2. Le second intérêt est de savoir, si le refus du cardinal Pell était confirmé, qui pourrait être nommé à sa place. L’archevêque de Sydney est une puissance dans le monde ratzinguérien. Son arrivée à Rome au poste-clé de la « fabrique des évêques » à la place du cardinal Re était attendue comme l’arrivée du Messie. Et, comme toujours en pareil cas, avant même de savoir si la nouvelle est confirmée, on fait tout de suite courir des rumeurs, qui sont autant de ballons d’essai :

– les non-ratzinguériens, un peu pris au dépourvu, avancent le nom du cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Églises orientales ;

– les ratzinguériens n’ont que l’embarras du choix dans la confection de rumeurs qui relèvent plutôt des désirs que l’on voudrait voir réaliser : passage de Mgr Burke de la Signature apostolique à la Congrégation des évêques ; retour de Mgr Ranjith de Colombo ; élévation de Mgr Piacenza, secrétaire de la Congrégation pour le Clergé ; à moins que ne vienne à Rome le cardinal Scola, patriarche de Venise, qui pourrait remettre de l’ordre, aidé du cardinal Bagnasco, archevêque de Gênes, président de la Conférence épiscopale, dans la nomination des évêques italiens, dont les réactions très défavorables au Motu Proprio de 2007 ont fait apparaître avec stupeur qu’ils n’étaient plus les fidèles papistes de jadis.

En tout cas, et à supposer que Pell ne prenne pas les fonctions qui lui ont été proposées, la candidature du cardinal argentin Sandri ne semble pas à retenir. Ce personnage considérable, y compris dans son physique, est un wojtylien pur jus, très proche de Sodano et très impliqué dans les affaires menées, pour la plus grande gloire de Dieu assurément, mais fort lucratives par ailleurs, durant la seconde partie du précédent pontificat par les plus hauts personnages « du régime ». Sandri a été un des hommes les plus importants de la Curie dans les dernières années du pape Jean-Paul II. Après divers postes diplomatiques, tous plus importants les uns que les autres, il est devenu, en 2000, Substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État, autrement dit l’équivalent d’un Président du Conseil des ministres du Saint-Siège en fin du règne wojylien. Au point de faire de l’ombre à son ami, le massif et imposant Secrétaire d’État lui-même¸ Angelo Sodano. C’est à Mgr Sandri qu’il revint, le soir du 2 avril 2005, d’annoncer la mort du pape Jean-Paul II. Benoît XVI, qui le créa cardinal lors du consistoire du 24 novembre 2007, lui confia pour l’écarter un peu, le poste de Préfet de la Congrégation pour les Églises orientales. On dit en plaisantant que des idées noires comme des chauves-souris volètent parfois dans les appartements pontificaux : extraire Sandri de l’Orientale relèverait en tout cas de la pensée suicidaire !

 

 


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