Du dialogue interreligieux aux discussions entre personnes

Publié le par Vini Ganimara


Après l'accession de Benoît XVI au souverain pontificat, les observateurs attentifs ont pu remarquer un changement important: le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a été dissout et intégré au sein du conseil pontifical pour la culture.

Malheureusement, la polémique qui a suivi le fameux discours de Ratisbonne a conduit le Pape à revenir au dispositif précédent, en recréant le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (actuellement présidé par le cardinal français Jean-Louis Tauran).

Cependant, l'intuition demeure: en l'absence de dialogue théologique possible entre des religions qui ont des conceptions de Dieu fort éloignées de celle des chrétiens (un Dieu trinitaire et un Dieu incarné restent, pour plagier saint Paul, un scandale pour les Juifs et une folie pour les païens...), il n'y a de place que pour un dialogue entre les cultures, ou plutôt entre intellectuels appartenant à des sphères culturelles différentes.

Cette intuition a été rappelée par le P. Bernard Ardura, secrétaire du conseil pontifical de la culture (et prémontré français), lors d'une intervention le 12 mars dernier devant le groupe d'étude spécial sur le dialogue des cultures et des religions de l'assemblée parlementaire de la Méditerranée à Rome.

Le P. Ardura y parlait notamment du "dialogue interculturel ou, mieux, [du] dialogue entre hommes et femmes différentes".

Il y rappelait que ce dialogue devait se fonder sur la raison et la loi naturelle: "Le dialogue interculturel, fondé sur les valeurs partagées, doit aider l'homme de cet temps à rechercher ce qui est bon et vrai, à respecter la dignité et la liberté de tous."

Enfin, il expliquait ainsi le rôle des religions dans ce dialogue culturel: "S'ils témoignent de ces vérités morales qu'ils partagent avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, les groupes religieux exerceront une influence positive sur la culture générale."

Certes, l'objectif semble bien moins ambitieux qu'un véritable dialogue théologique interreligieux. Mais cet objectif semble aussi plus rationnel, plus facilement atteignable, et finalement plus utile pour notre monde...



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