La succession du cardinal Danneels: Le contexte, un catholicisme en voie d’extinction (1)

Publié le par Vini Ganimara


Dans un article du 20 juin 2009 (voir ici), je parlais de la nomination de Mgr Berloco comme nonce en Belgique, en notant que sa mission principale serait de donner un remplaçant au cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, primat de Belgique, qui a atteint les 75 ans en juin 2008. Et, de manière un peu provocante, je disais que c’était pour nommer un syndic de faillite que Giacinto Berloco arrivait à Bruxelles.

En fait, ce diplomate a été choisi avec le plus grand soin par le chef de la diplomatie vaticane, Mgr Mamberti. C’est un homme expérimenté (entré en diplomatie en 1972), courtois mais très entreprenant. Il a la réputation d’être un homme d’information, qui voyage beaucoup pour connaître la situation réelle sur le terrain.

A cet égard, il a le rare avantage de pratiquer le néerlandais, appris lorsqu'il était secrétaire de nonciature à La Haye (c’est le point principal que relevaient les médias belges lors de sa nomination), ce qui lui permet de s'informer sans écran auprès des sources néerlandophones (60% de la population du Royaume est néerlandophone). Berloco a été en charge des relations tumultueuses entre l'Eglise et le régime de Chávez au Venezuela : il a donc la carrure qui convient pour affronter tant le rusé cardinal Danneels en particulier, qu’une Église belge en général dont la « ligne » est symbolisée par l’Université post-catholique de Louvain.

La manière dont pourra être réglée par le Saint-Siège, spécialement grâce à Berloco, la succession de l’archevêque de Malines-Bruxelles sera particulièrement instructive de ce que ce pontificat est en mesure d’accomplir dans une situation de disparition pratique du catholicisme dans certains pays occidentaux, comme la Belgique, l’Allemagne, la Suisse.


Car il faut savoir que, sur le plan des valeurs naturelles, la Belgique, vieille terre de démocratie chrétienne, est un des pays les plus dégradés d’Europe, qui a légalisé l’euthanasie en 2002, le « mariage » homosexuel, l’adoption par les couples homosexuels, qui n’a pas signé la convention du Conseil de l’Europe sur l’interdiction de créer des embryons pour la recherche et qui a qualifié le fœtus jusqu’à la veille de la naissance de « matériel corporel humain » pouvant être soumis à des manipulations.  C’est aussi en Belgique que la Chambre des Représentants, le 2 avril 2009, s’est ridiculisée par un vote de protestation inouï contre les propos tenu par le Pape au sujet du préservatif dans l’avion qui le menait en Afrique, de nombreux sénateurs ayant dans la foulée du vote de la Chambre souhaité endosser un vote condamnant le Pape pour « crime contre l’humanité » !


Quelle réaction de l’Église locale belge face à une telle situation ? Endosser un veston (surtout pas une soutane !) couleur de muraille. Ce qui explique la situation que je vais exposer.

 

(à suivre)


Publié dans Episcopats locaux

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