Conclusion : la retraite d’Angelo Sodano (1)

Publié le par Vini Ganimara


Sodano a-t-il vraiment rêvé d’être pape ? L’élection d’un Secrétaire d’État au souverain pontificat ne s’est produite, je crois, qu’une seule fois dans l’histoire : ce fut l’élection du cardinal Eugenio Pacelli, devenu Pie XII. Pourtant ce rêve a hanté depuis lors l’esprit de Secrétaires d’État successifs : celui du quasi Secrétaire d’État, devenu archevêque de Florence, que fut le Substitut Benelli ; plus tard du Secrétaire d’État Casaroli, qui après l’attentat contre Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre eut l’audace de faire tirer un numéro spécial de L’Osservatore Romano, sur la première page duquel il apparaissait en grand apparat ; Sodano enfin, comme je l’ai dit, qui pouvait faire valoir mieux que personne qu’il était l’homme de la continuité.


Mais l’élection de Benoît XVI eut ceci de particulier qu’elle s’est présentée comme la suite naturelle du pontificat précédent, en même temps qu’elle ouvrait le début d’une époque tout autre. Ce qui commençait en 2005, c’était un wojtylisme, ou un néo-wojtylisme, mais sans les wojtyliens.


Cependant ceux qui avaient exercé le pouvoir réel à la fin du pontificat de Jean-Paul II, les cardinaux Re et Sodano (ce dernier flanqué du Substitut Sandri), ne le laissèrent pas échapper aisément de leurs mains. Le cardinal Sodano, comme le cardinal Villot l’avait été par Jean-Paul II, fut maintenu provisoirement dans sa charge de Secrétaire d’État par Benoît XVI, malgré le peu de sympathie que les deux hommes se portaient à cette époque-là. Et, lorsque le 22 juin 2006, Tarcisio Bertone, archevêque de Gênes, ancien bras droit de Joseph Ratzinguer au Saint-Office, était nommé sans surprise Secrétaire d’État, ce n’était pour entrer en fonction que le 15 septembre 2006.


Angelo Sodano – c’était de bonne guerre – employa au mieux ces deux mois et demi de délai. Par un de ces mystères vaticanesques bien plus incompréhensibles que les mystères de la religion, le cardinal Sodano obtint la tête de Navarro Valls, de l’Opus Dei, directeur de la Salle de Presse vaticane, qui fut remplacé par le P. Lombardi, lui aussi homme de pouvoir, sans être pour autant un sodanien : assistant du Général des jésuites, il allait désormais cumuler les fonctions de directeur de la Sala Stampa, de directeur de Radio-Vatican, de directeur du Centre de Télévision du Vatican.

Il faut savoir que toute l’information vaticane directe – la Sala Stampa, L’Osservatore Romano – ou l’information indirecte – la revue jésuite La Civiltà Cattolica – est sourcilleusement dirigée par la Secrétairerie d’État. Ce sera bientôt un proche du nouveau Substitut Filoni, Mgr Polvani, qui aura la haute main sur l’ensemble des réseaux d’information vaticane...

 

(à suivre)


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